7 févr. 2012

Le Discours du Président

Extrait de "L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau", d'Oliver Sacks.

Le jour où le président a fait son discours, il s’est passé quelque chose de très curieux dans l’hôpital de neurologie : les aphasiques ont commencé à rire de plus en plus pendant qu’il leur parlait au lieu de l’écouter gravement comme font les gens normaux.

De quoi s’agissait-il donc ? Est-ce qu’ils n’avaient rien compris de ce qu’il leur avait dit ?

En fait, les aphasiques qui ont perdu le sens des mots en soi, ont le don de comprendre à peu près tout ce qu’on leur dit globalement. Dans la communication, le ton de la voix, les gestes, les mimiques, tout cela fait un tout pour la compréhension.

S’ils entendent une voix synthétique (comme au téléphone ou à l’aéroport), ils ne comprennent pas grand-chose.

Ils ont donc vu un comédien et pas une personne naturelle et c’est pour cela qu’ils ont tant ri. On ne peut pas mentir à un aphasique.